18/12/2025
À première vue, une lande ou une zone humide peuvent sembler banales. Mais ce sont des milieux complexes, offrant refuges et nourritures à des espèces très spécialisées. On comprend vite pourquoi de nombreuses espèces menacées ne survivent que dans ces endroits : elles y trouvent ce qui leur manque ailleurs. En Bretagne, plus de 10 % de la faune et de la flore nationale menacée a une population dans un espace protégé (source : Bretagne.bzh). Ces zones jouent donc un rôle de sauvegarde clé.
Dans le Morbihan comme dans le reste de la Bretagne, certains espaces protégés sont nés pour accueillir des oiseaux devenus rares ailleurs. Voici quelques espèces dont la présence est un signe de biodiversité bien portante.
Ces oiseaux sont des indicateurs. Leur présence signifie que l’écosystème fonctionne encore bien, contrairement à beaucoup de régions agricoles intensives où ils ont disparu.
On pense rarement à la flore, pourtant la Bretagne compte plusieurs fleurs uniques. Certaines n’existent que dans des secteurs minuscules, parfois sur quelques centaines de mètres carrés. Quelques exemples :
Ce type de flore raconte la longue histoire naturelle de la région, ses évolutions, ses particularités, et la nécessité de ne pas perturber ces micro-habitats.
Dans les espaces protégés du Morbihan, on rencontre des espèces fragiles qui subissent la fragmentation des milieux, notamment :
Ces animaux sont de véritables sentinelles des milieux aquatiques et humides. Leurs écailles, leurs chants rares, sont autant de signes d’un écosystème équilibré.
La Bretagne abrite plus de 430 espèces de papillons diurnes et nocturnes (source : Observatoire de la Biodiversité de Bretagne). Certes, toutes ne sont pas menacées, mais certaines sont devenues rarissimes, comme :
Les insectes sont essentiels à l’équilibre de ces milieux : pollinisateurs, décomposeurs, mais aussi source de nourriture pour les oiseaux et les chauves-souris.
Gardez l’œil ouvert lors des balades tôt le matin ou au crépuscule : les mammifères sont souvent signalés par leurs empreintes ou leurs traces discrètes plutôt que vus directement.
Si on sait la mer abondante de vie, on oublie parfois que certains poissons d’eau douce sont eux aussi très rares dans nos régions. L’Anguille européenne, autrefois abondante, n’a plus que 10 % de sa population historique à cause des barrages et de la pêche (source : Parc Naturel Régional de Brière). Les marais de Séné et de Vilaine restent des sanctuaires pour elle.
D’autres espèces emblématiques sont :
Voici quelques espaces notoires dans le Morbihan et alentours où partir à la découverte, à certaines périodes et en respectant la tranquillité du lieu :
Pour aider à la préservation de ces espèces, chacun peut :
Lieux de cachette, d’élans migratoires ou de floraisons spectaculaires, les espaces protégés de Bretagne sont autant de réserves de vie. Admirer une spatule blanche ou croiser la trace d’une loutre, ce n’est pas donné à tous les promeneurs. Mais savoir que ces espèces trouvent refuge ici, c’est aussi une part de l’identité locale. Préserver ces écosystèmes, c’est continuer à écrire une histoire naturelle singulière, pas seulement pour les scientifiques, mais pour chaque habitant curieux et amoureux de son territoire.