19/02/2026
La notion de biodiversité désigne toute la variété du vivant :
En bordure de la ville ou lovés au cœur du territoire, les bois bartholoméens abritent des trésors cachés. Selon l’Inventaire Forestier National (IGN, 2022), les forêts couvrent environ 17 % de la surface du Morbihan, souvent en petits massifs ou bosquets isolés.
Un fait marquant : une étude menée par le CNRS en 2020 signale que « 70 % des oiseaux forestiers fréquentent aussi les lisières et les clairières », montrant à quel point la mosaïque d’espaces est essentielle.
Deux ruisseaux principaux traversent ou jalonnent le pays de Saint-Barthélemy : le Mauric et le Saint-Jean. Ces “petits” cours d’eau, parfois méconnus, font partie du réseau hydrographique du Blavet. Ils jouent un double rôle : corridors écologiques pour animaux et plantes — et réserves d’eau vitale dans les périodes sèches.
Pourquoi ces milieux sont-ils précieux ? Parce qu’ils abritent une faune aquatique très variée :- Le triton palmé, classé « quasi menacé » en Bretagne (Bretagne Environnement), vient pondre en avril dans les mares et ornières. - Les libellules (au moins 27 espèces dans la région) y trouvent leur terrain de chasse. - Le martin-pêcheur, ce bijou bleu électrique, fréquente les berges plus calmes.
Souvent réduites aujourd’hui, les landes sont pourtant des habitats typiques de la Bretagne intérieure. Traversant le Morbihan, des reliques s’étendent encore sur les hauteurs, là où la terre reste pauvre, acide, et le sol battu par les vents.
Les landes sont des milieux menacés, car fragiles et rarement reconstitués. Leur élimination réduit de façon draconienne la diversité locale, surtout pour les insectes et amphibiens.
Impossible d’évoquer la nature bretonne sans parler du bocage. Ici, les haies jalonnent les champs, encadrent les chemins, protègent du vent et créent une multitude de micro-habitats. Si la commune de Saint-Barthélemy n’échappe pas à la régression générale du bocage breton (moins 60 % de haies en 50 ans selon l’INRAE), ce maillage reste fondamental.
Ce paysage structuré joue un rôle de refuge, mais aussi de “corridor écologique”, crucial pour la circulation et la survie de nombreuses espèces.
À Saint-Barthélemy, la vie rurale façonne encore de vastes prairies non retournées : ces prairies naturelles, riches en graminées et fleurs sauvages, sont plus importantes pour la biodiversité que les pelouses stériles ou pâturées à outrance.
Une prairie vieille de 20 ans héberge en général jusqu’à deux fois plus d’espèces de fleurs sauvages qu’une parcelle labourée (Chiffres : Observatoire du Patrimoine Naturel du Morbihan).
Souvent négligées, ces petites étendues d’eau, parfois d’origine agricole, font partie intégrante du patrimoine naturel local. Elles abritent une biodiversité surprenante :
Le réseau de mares bretonnes a fondu comme neige au soleil depuis 50 ans (moins 80 % en Bretagne, Source : SAGE Blavet), rendant chaque pièce d’eau précieuse pour les cycles de nombreuses espèces.
Sur certains tronçons de sentiers, juste en bordure des champs, il n’est pas rare de croiser sur un même petit linéaire :
Au printemps 2023, les ornithologues locaux ont même signalé la première observation du torcol fourmilier à Saint-Barthélemy depuis les années 80 (donnée Bretagne Vivante). Ce petit oiseau étrange, adepte des vieux vergers, témoigne de la richesse cachée de certains anciens milieux agricoles.
La biodiversité locale est soumise à plusieurs pressions :
La biodiversité ne se limite pas à une liste d’espèces rares. Elle fait partie d’un tout, fragile mais tenace, qui ne demande qu’à être perçu et respecté. Baladez-vous dans les bois au petit matin, longez un talus moussu, arrêtez-vous au bord d’une mare animée, et vous découvrirez que chaque milieu naturel a encore beaucoup à offrir… pour peu qu’on apprenne à regarder différemment.
Pour aller plus loin, la commune de Saint-Barthélemy est parfois citée pour la qualité de ses sentiers de randonnée, passant au plus près de ces milieux : le topoguide “Ruisseaux et bocages du Blavet”, édité par la Fédération Française de Randonnée du Morbihan, propose d’ailleurs plusieurs itinéraires qui les traversent.
Observer un simple lézard vert sur un tas de pierres, ou reconnaître la floraison d’une orchis sur le bas-côté, c’est déjà participer à la sauvegarde de ces milieux. Le premier pas pour préserver la biodiversité commence souvent dans le regard du promeneur curieux.
Sources :