26/05/2026

Panoramas sur le Blavet : Un circuit entre nature et histoire

Le Blavet, colonne vertébrale du pays bartholoméen

Le Blavet ne se contente pas de dessiner la frontière est de Saint-Barthélemy : il façonne aussi ses paysages, ses activités, et nourrit l’imaginaire local. Cette rivière, longue de 148 km, prend sa source dans les Côtes-d’Armor, puis traverse Morbihan, serpentant à travers vallons boisés et prairies sèches (VNF – Voies Navigables de France). Autrefois artère économique et voie stratégique, elle abrite aujourd’hui une des vallées les moins connues du Morbihan, bien loin des foules du littoral.

Le circuit pédestre du haut du Blavet, dit aussi « circuit des crêtes », offre des panoramas dont on ne se lasse pas. Les sentiers s’élèvent doucement au-dessus de la vallée, desservant une série de points de vue insoupçonnés où la presqu’île de Quistinic, les méandres verts de la rivière et les hameaux se dévoilent différemment à chaque saison.

Un circuit qui tutoie la cime des arbres

Le tracé, balisé en jaune (circuit n°3 sur les plans de la commune), débute généralement à la sortie sud du bourg, près de la chapelle Saint-Jean, pour une boucle d’environ 11 kilomètres. Il faudra compter entre 2h45 et 3h30 selon le rythme et les pauses (source : mairie de Saint-Barthélemy). Il traverse bois, landes, ponts suspendus de racines, et croise ponctuellement des marcheurs, cyclistes ou pêcheurs.

Sur ce circuit, la lumière varie sans cesse. Les panoramas se méritent : il faut grimper quelques raidillons, profiter d'une accalmie entre deux talus mousseux, pour découvrir de véritables balcons naturels. Ces points hauts jalonnent le sentier, révélant des ambiances distinctes au fil de la journée.

  • La montée de Kérivoal : Au bout de 25 minutes de marche, c’est souvent ici que le marcheur se retourne instinctivement. La vue s’ouvre sur la vallée encaissée, le Blavet en contrebas, et une succession de prairies à vache en terrasse typique du Morbihan intérieur. Parfois, on aperçoit au loin le clocher de Plouay, tracé sur la ligne d’horizon.
  • Le belvédère de Châteauneuf : À mi-parcours, peu avant le hameau du même nom. Ici trône un point géographique remarquable, perché à 71 mètres d’altitude selon l’IGN (Géoportail). On surplombe toute la vallée du Blavet, jusqu’aux écluses de Pont Calleck à l’est, et les hauteurs boisées vers Languidic à l’ouest.
  • Le site de l’ancien moulin de Poulancre : Plus bas, en rejoignant la rive du Blavet, une brèche dans la végétation offre une grande fenêtre sur la rivière et les pentes abruptes boisées. Au printemps, les orchidées sauvages colonisent les talus et la lisière de la forêt.

Ce que révèlent les panoramas du circuit

Les vues offertes depuis le circuit ne sont pas spectaculaires dans le sens où on l’entend sur la côte bretonne ou les monts d’Arrée, mais elles ont une force tranquille, un charme subtil. On est ici au cœur d’un paysage rural, à l’écart des axes touristiques. Cette discrétion explique d’ailleurs la richesse de la faune et la diversité des milieux que l’on peut observer tout au long du parcours.

  • Une mosaïque de paysages : De la chênaie humide proche du Blavet aux prairies sèches du sommet, le circuit traverse plusieurs ambiances en moins de trois kilomètres à vol d’oiseau. On remarque la transition, parfois brutale, entre le vert profond des hêtraies en fond de vallée et les parties plus lumineuses, presque méditerranéennes, couvertes de genêts et d’ajoncs sur les crêtes.
  • Des points de vue sur l’histoire humaine : Selon les saisons, le regard embrasse l’activité agricole (bovins, cultures fourragères), d’anciens moulins, ou encore des vestiges d’habitats troglodytiques – peu visibles, mais bien mentionnés dans les archives locales (cf. patrimoine.bzh). Le circuit longe notamment une ancienne carrière abandonnée, camouflée par les houx et les robiniers, d’où furent extraits les moellons de plusieurs bâtis du bourg.

Les couleurs du Blavet, du matin au soir

La lumière évolue sans cesse. Tôt le matin, les brumes matinales enveloppent la rivière et floutent les lisières, créant une atmosphère presque sauvage. À midi, le ciel, souvent changeant en Bretagne, donne une profondeur bleue aux reflets du Blavet et un éclat vif aux parcelles cultivées. Le soir, c’est l’heure des longs reliefs et des contrastes acérés : la vallée se découpe entre ombre et lumière. Au printemps, il est fréquent d’apercevoir des envols de hérons ou de milans royaux au-dessus de la cime des peupliers (cf. Ligue Protectrice des Oiseaux – LPO).

  • Spots préférés pour photographes :
    • Le replat sous la ferme de Kérivoal, qui donne une vue plongeante sur un méandre parfait du Blavet, remarquable au lever du soleil.
    • L’arrivée au vieux pont de Châteauneuf, souvent plus calme en fin d’après-midi, pour saisir les reflets dorés sur l’eau.
    • La partie haute de la lande de Coët-Létan – superbe spot de panoramique à 180° par beau temps.

Le circuit, observatoire discret de la faune sauvage

Le haut du Blavet attire, à la belle saison, bon nombre d’observateurs et de naturalistes amateurs. La raison ? C’est ici, sur un corridor boisé, que se croisent de nombreuses espèces protégées. La batellerie, active jusqu’aux années 1970, a laissé place à une tranquillité rare, propice à la faune.

  • Des rapaces en liberté : faucons crécerelles (espèce classée en légère régression d’après la LPO), milans noirs, buses variables patrouillent au-dessus des crêtes, utilisant les courants d’air chaud.
  • Chevreuils et renards : Parfois, au détour d’un chemin ou dans une clairière en lisière, on croise un chevreuil – il y en aurait entre 12 et 26 sur le secteur de Saint-Barthélemy selon l’Office National des Forêts (ONF).
  • Batraciens et libellules : Les petites zones humides dans les creux accueillirent grenouilles rousses, rainettes, et de nombreuses espèces de libellules colorées dès le mois de mai.

Points de vue pratiques pour randonneurs ou familles

Pour profiter au mieux des panoramas, quelques conseils simples peuvent améliorer l’expérience :

  • Choisir l’heure : tôt le matin ou deux heures avant le coucher du soleil pour les plus belles lumières.
  • Prévoir de quoi s’assoir (petite assise ou plaid) pour profiter des points hauts et observer la vallée sans se presser.
  • Apporter jumelles ou appareil photo pour saisir la diversité faunistique et la variété des points de vue.
  • Penser à s’équiper de chaussures adaptées : certains passages sont caillouteux ou glissants en cas de pluie.

Le circuit est praticable presque toute l’année, à l’exception de quelques rares jours de crues où la zone basse peut devenir humide, mais les points de vue principaux situés sur les hauteurs restent accessibles. Des bancs ont été installés sur deux des points de vue officiels, notamment celui de Châteauneuf (source : commune de Saint-Barthélemy).

Anecdotes et petits trésors le long du parcours

Au fil du circuit, il n’est pas rare de tomber sur des marques plus discrètes, qui racontent la vie du territoire :

  • Arbres-témoins : Plusieurs chênes centenaires portent encore les crochets de l’époque où ils servaient de supports à des ruches, pratique courante au XIXe siècle dans toute la vallée. On les repère à une dizaine de mètres du chemin.
  • Sources cachées : Entre Poulancre et Châteauneuf, une petite fontaine surgit dans un creux moussu. La légende locale veut qu’elle n’ait jamais tari, même lors de la grande sécheresse de 1976 (cf. témoignages recueillis par l’amicale de Saint-Barthélemy).
  • La cabane de la lisière : Quelques planches branlantes, vestige d’un poste d’observation construit par des écoliers dans les années 1980, rappellent que le Blavet inspire toutes les générations.

Où poursuivre l’aventure après le circuit ?

Pour celles et ceux qui souhaitent en voir davantage, plusieurs options sont possibles. Le circuit du haut du Blavet croise le grand itinéraire cyclable « La Vélodyssée » sur la rive opposée, ainsi que le chemin de halage, parfait pour prolonger la balade jusqu’aux villages de Saint-Nicolas-des-Eaux vers le nord, ou Pont-Augan plus au sud (données : France Vélo Tourisme).

De mai à septembre, la commune de Saint-Barthélemy organise parfois des randonnées accompagnées, permettant de découvrir d’autres points d’observation, rarement indiqués sur les cartes classiques. Des panneaux d’information ont également été installés en 2022 sur trois des panoramas, donnant des repères historiques et expliquent la formation de la vallée.

Invitation à explorer autrement le Blavet

Que l’on soit promeneur du dimanche, photographe aguerri, amateur de nature ou randonneur aguerri, le circuit au-dessus du Blavet reste un petit bijou de perspectives variées. Ici, la rivière façonne non seulement la géographie, mais aussi la mémoire de Saint-Barthélemy. Les panoramas, toujours changeants, invitent à ralentir, à s’arrêter, et à porter attention à des détails qu’on pourrait manquer ailleurs.

Explorer les vues du haut du Blavet, c’est conjuguer aventure toute simple et profond ressourcement, sur les sentiers d’un Morbihan à la fois confidentiel et généreux.

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