08/01/2026
Au fil des chemins du Morbihan, certains lieux sont classés comme espaces naturels sensibles (ENS). Ce ne sont pas forcément les plus connus, mais ils abritent une diversité unique, souvent discrète. Ces trésors naturels sont précieux car ils concentrent une faune et une flore parfois menacées, et offrent des paysages à couper le souffle—marais, landes, bois, vallées humides, tourbières, prairies inondables.
En Bretagne, on compte aujourd’hui plus de 280 ENS (source : Département du Morbihan). Leur accès est souvent balisé, mais il demande d’adopter quelques réflexes pour préserver l’équilibre fragile de ces milieux tout en se régalant de belles balades en famille.
Les espaces naturels sensibles font l’objet d’une protection définie par le code de l’environnement : leur fragilité provient de plusieurs facteurs :
Dans le Morbihan par exemple, près de 60 % des zones humides identifiées sont classées comme sensibles. Leur accès réglementé n'empêche pas la découverte, il invite simplement à marcher différemment.
Situé entre Lorient et Saint-Barthélemy, le marais de Pen Mané est un espace naturel de 140 hectares, traversé par des sentiers sur pilotis permettant d'observer sans déranger. Facile d'accès et plat, le parcours principal fait moins de 3 km, adapté aux poussettes et jeunes enfants. Sur place, tables pédagogiques, panneaux explicatifs (oiseaux d’eau, plantes, traces d’animaux) transforment la promenade en expérience éducative.
Attention : pour respecter la tranquillité des espèces (présence de courlis cendrés, d’aigrettes garzettes, de loutres), il est interdit de sortir des sentiers balisés et les chiens doivent être tenus en laisse.
Au sud de Saint-Barthélemy, la vallée de l’Ével offre un contraste saisissant entre les prairies humides et les massifs de landes. Deux boucles familiales balisées de 4 km et 7 km longent la rivière, ponctuées de panneaux sur la biodiversité locale. Avec un minimum de dénivelé, c’est un itinéraire idéal avec enfants.
L’accès à l’eau est limité et il n’y a pas de jeux pour enfants, mais pique-niquer en famille sur l’un des bancs en bois est une tradition locale.
À quelques minutes au nord de la commune, la forêt de Floranges est l’exemple même d’un espace sensible où la cohabitation entre promeneurs et nature est renforcée par la pédagogie. Les sentiers, volontairement étroits, serpentent entre vieux chênes et tapis de jacinthes au printemps. Deux boucles fléchées (2 km et 5 km) traversent les zones les plus typiques. Les familles trouveront des panneaux racontant la vie du sol, les oiseaux cavernicoles ou l’histoire des arbres têtards (arbres taillés régulièrement pour les usages ruraux).
Depuis 2020, une zone refuge pour chauves-souris a été créée : il est strictement interdit d’y entrer, mais un petit observatoire en bois permet d’écouter les ultrasons grâce à un tableau interactif réalisé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).
La Fédération Française de Randonnée rappelle que « 98 % des dégradations constatées sur les espaces naturels sont le fait de gestes involontaires mais répétés, souvent d’origine familiale ». Une bonne raison de sensibiliser les enfants, qui deviennent à leur tour protecteurs de leur cadre de balade.
Sur le territoire de Saint-Barthélemy et du Morbihan, plusieurs associations organisent régulièrement des sorties “découverte” ou des chasses au trésor écologiques.
Certaines animations sont gratuites, d’autres payantes (compter 5 à 8 euros par personne). Renseignez-vous auprès des offices de tourisme ; le site du Département du Morbihan dédié aux ENS recense les événements en cours.
Selon la Fondation pour la Nature et l’Homme, un sentier familial bien balisé attire en moyenne 1500 visiteurs par an dans une commune rurale comme Saint-Barthélemy. Mais la fréquentation en hausse (+35 % en 10 ans dans le Morbihan selon l’Observatoire régional de la biodiversité) impose un effort collectif radicalement nouveau. Protéger ces lieux, c’est donner la chance aux prochaines générations de découvrir ces paysages “de proximité” encore vivants : au détour d’un sentier, apprendre à reconnaître la menthe aquatique, entendre le cri de la rainette, ou surprendre la patte d’une loutre sur le sable humide—autant d’instants que la promenade rend inoubliables.
La richesse de ces sorties, c’est de pouvoir transmettre le goût de la découverte mais aussi la conscience de l’équilibre écologique. Chacun, enfants comme adultes, devient ambassadeur d’une nature accessible à tous, pourvu qu’on la respecte ensemble.
En Bretagne, il existe près de 4000 kilomètres de sentiers balisés (source : Fédération Française de Randonnée, 2023) — autant d’occasions de s’offrir une parenthèse familiale, sensible et joyeuse, au fil de nos espaces naturels.