11/01/2026
Peu de communes de taille modeste en Morbihan peuvent revendiquer un maillage écologique similaire à celui de Saint-Barthélemy. Ici, chaque zone humide est un réservoir de vie, chaque talus bocager entre deux champs un véritable corridor pour les espèces qui s’y faufilent.
La cartographie du Ministère de la Transition Écologique révèle que 6% des surfaces du Morbihan sont classées en espaces naturels sensibles, dont des secteurs morcelés sur le territoire de Saint-Barthélemy.
La préservation de la nature ici n’est pas une question abstraite. C’est une lutte silencieuse contre l’artificialisation et l’appauvrissement des milieux. Les menaces sont connues, bien qu’elles opèrent souvent par petites touches, presque insidieuses :
Heureusement, à Saint-Barthélemy, la faible urbanisation et la proximité du tissu agricole familial limitent encore certains dégâts, mais l’équilibre reste fragile.
Tous les espaces naturels ne bénéficient pas du même degré de protection. À Saint-Barthélemy, deux dispositifs sont particulièrement marquants :
En pratique, cela signifie que toute modification du paysage (coupe d’arbres, drainage, aménagements) nécessite, dans certains secteurs, une autorisation ou avis préalable en mairie ou auprès du Conseil départemental. Cette vigilance évite que de petits actes — une mare comblée, une haie arrachée — aboutissent à une perte irrémédiable d’habitat naturel.
Saint-Barthélemy s’illustre, parfois discrètement, par un tissu local d’initiatives favorables à la préservation des espaces protégés. Ce sont autant de graines semées, qui changent la donne sur le terrain.
À noter aussi, l’édition annuelle du « Printemps de la Nature », organisée en avril. Au programme : sorties botaniques, construction de nichoirs, conseils pratiques pour laissez-faire la nature chez soi.
La préservation n’est pas qu’une affaire de règlements. Elle passe d’abord par une foule de petits gestes simples, accessibles à tous, qui peuvent transformer une promenade en acte de vigilance :
On le remarque vite sur le terrain : ce sont souvent de simples habitudes, répétées sans ostentation, qui conditionnent la qualité de nos paysages.
Ce qui fait la force de Saint-Barthélemy, ce sont aussi ses habitants, agriculteurs ou néoruraux, qui savent trouver des compromis pour une économie rurale vivante et un patrimoine naturel respecté. La Charte Paysagère intercommunale, signée en 2021 (source : Pontivy Communauté), encourage la plantation de haies et l’entretien de talus pour toutes nouvelles constructions hors agglomération.
L’enracinement des gestes, associé à une vision partagée du paysage, dessine peu à peu une commune accueillante, qui sait garder ses secrets tout en s’ouvrant aux curieux de passage.
Saint-Barthélemy n’est pas un musée, mais un territoire vivant, qui s’adapte et questionne ses pratiques. Les défis à venir sont nombreux : changements climatiques, reconquête des zones humides, lutte contre les espèces invasives (on note la progression du frelon asiatique et de la renouée du Japon sur certains secteurs, FREDON Bretagne).
Maintenir la précieuse mosaïque de milieux naturels passera par une action à plusieurs niveaux : gestion communale raisonnée, implication des écoles, retour du pastoralisme sur certaines prairies, reprise des chantiers participatifs ou encore développement des outils numériques pour signaler les dégradations.
Si chaque promeneur, habitant ou élu s’empare de cette question, alors Saint-Barthélemy continuera d’offrir à la fois discrétion et richesse, ombre fraîche des sous-bois et lumière sur les landes, pour longtemps encore.