17/01/2026

Agir au quotidien : panorama des actions locales pour préserver nos milieux naturels à Saint-Barthélemy et en Morbihan

Pourquoi protéger les milieux naturels localement ?

Dans le Morbihan, les espaces naturels dessinent le caractère de nos campagnes. À Saint-Barthélemy, près de 60 % de la surface communale reste constituée de milieux agricoles, de haies bocagères, de ruisseaux et de petits boisements (Source : INSEE, 2021). Ces milieux sont le socle de la vie rurale : abri pour les oiseaux, filtre naturel pour l’eau, corridors pour la faune, réserve de fraîcheur. Pourtant, l’intensification agricole, l’étalement urbain ou la pollution menacent leur équilibre. Face à cela, les actions locales prennent le relais, souvent portées par des groupes discrets mais engagés.

Comprendre l’impact de ces actions, c’est mieux saisir comment chacun, ici, agit pour préserver ce qui fait la richesse de notre cadre de vie.

Cartographie des initiatives locales : qui agit, et sur quoi ?

  • Les élus et la commune : ils pilotent la gestion de l’eau, la programmation des travaux sur les chemins, la préservation des espaces boisés communaux.
  • Les agriculteurs : souvent premiers gestionnaires de la nature, ils adaptent parfois leurs pratiques avec l'appui du réseau local (CIVAM, Chambre d'agriculture...), par exemple en maintenant les haies ou en réduisant les intrants.
  • Les associations : la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), Bretagne Vivante, le CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement) Morbihan, l'association locale pour la Vallée du Blavet… mènent suivis naturalistes, animations, et mobilisent des bénévoles pour des chantiers participatifs.
  • Les habitants : via des groupes scolaires, comités de village, collectifs informels, chantiers nature, ils participent à des opérations concrètes.

Cette collaboration tisse un maillage solide, où chaque acteur met la main à la pâte, selon ses moyens et son domaine.

Les milieux naturels protégés : une diversité à préserver

À Saint-Barthélemy et dans ses environs, plusieurs types de milieux bénéficient d’attentions spécifiques :

  • Les zones humides : ruisseaux du Loc’h, abords du Blavet, mares prairiales… représentent des réservoirs essentiels pour la biodiversité. En Morbihan, 40 % des zones humides ont disparu depuis 50 ans (source : DREAL Bretagne 2022).
  • Les haies bocagères : véritables « autoroutes vertes » pour de nombreuses espèces ; chaque kilomètre de haie peut abriter près de 70 espèces différentes de faune (étude Bocage Pays de la Loire, 2017). En 2022, la Bretagne a perdu 2 % de ses haies en surface par rapport à 2012.
  • Bois communaux et talus : refuges de biodiversité parfois laissés en friche, ou gérés pour préserver leur richesse.

Les outils concrets de la gestion locale

Plan de gestion communal

De nombreuses communes morbihannaises, dont Saint-Barthélemy, élaborent des plans de gestion de leurs milieux naturels. Ils identifient les zones à enjeux (faune rare, zones humides, haies structurantes…), définissent les priorités d’action, et programment les travaux sur plusieurs années. Ces plans s’appuient souvent sur des diagnostics partagés avec des associations et des naturalistes.

La « trame verte et bleue » à l’échelle locale

Le Schéma Régional de Cohérence Ecologique de Bretagne, décliné localement, guide la restauration de la « trame verte et bleue ». Il s’agit de préserver la continuité écologique entre les zones boisées, les cours d’eau et les prairies. À Saint-Barthélemy, des actions sont menées pour favoriser la libre-circulation de l’eau (effacement de petits obstacles sur les rus, entretien des passages à faune sous les routes).

Chantiers nature participatifs

Quand le terrain appelle des bras, les habitants répondent à l’appel : entretien saisonnier des sentiers, plantation de haies, nettoyage de talus, pose de nichoirs… En mars 2023, près de 50 participants ont prêté main forte lors de la journée annuelle « Nettoyons la nature » organisée avec la mairie et l’école (source : Ouest France, édition Locminé, 22.03.2023).

Label « Villes et Villages Fleuris » et gestion différenciée

La commune s’est engagée depuis 2017 dans une gestion végétale différenciée (moins de tontes, davantage de laissés naturels). Cela permet de réduire l’usage des produits phytosanitaires – tombé à zéro depuis 2021 – et favorise la réapparition de plantes sauvages, comme l’orchis pyramidal, observée sur les talus communaux depuis 2022 (Source : Observatoire Communal de la Biodiversité).

Quand la gestion de l’eau devient un acte écologique fort

Le Blavet et son bassin versant, en bordure de Saint-Barthélemy, sont au cœur d’actions coordonnées pour la qualité de l’eau et la préservation des zones humides. Le Syndicat Mixte du Grand Bassin de l’Oust pilote des suivis réguliers :

  • Surveillance de la pollution agricole (nitrates et pesticides) : en 2022, la concentration moyenne en nitrates sur le secteur de Pluméliau (plus en aval) était de 33 mg/l, sous le seuil de l’UE (50 mg/l), mais supérieure à la moyenne nationale (27 mg/l) (Source : Eau Bretagne 2022).
  • Restaurations de berges avec pose de fascines végétales ou enrochement léger pour contrôler l’érosion.
  • Création et entretien de bandes enherbées le long des rus, avec implication de plusieurs agriculteurs de la commune.

Au niveau local, l’interdiction des traitements phytosanitaires à moins de 5 mètres des cours d’eau s’applique depuis 2017, réduisant les impacts négatifs sur la faune aquatique.

Le rôle majeur des associations et citoyens

Bretagne Vivante, la LPO Morbihan et le groupe local « Vallée du Blavet » multiplient les campagnes de sensibilisation :

  • Organisation de balades naturalistes et de chantiers de plantation de haies : en 2023, près de 900 mètres de haie ont été plantés à Saint-Barthélemy grâce aux bénévoles et agriculteurs volontaires.
  • Suivis de la faune : baguage des passereaux dans la vallée, comptage des chauves-souris dans les vieux bâtiments communaux, relevés d’indices de présence de loutre d’Europe.
  • Distribution de « kits biodiversité » : pour les habitants, contenant de la documentation, des graines de fleurs locales et des conseils simples pour leur jardin. En 2022, 200 kits distribués en Morbihan (source : CPIE Forêt de Brocéliande).

Les écoles de la commune réalisent également des actions simples : fabrication de nichoirs, sorties pour reconnaître les arbres ou observer les insectes. Cela crée une sensibilisation dès le plus jeune âge.

Des exemples concrets d’actions réussies en Morbihan (et près de chez nous !)

  • La reconquête du bocage, campagne « Plantons le Décor » (Chambre d’agriculture du Morbihan) : en huit ans, 120 km de haies ont été (re)plantés ou gérés avec des agriculteurs volontaires dans le département.
  • Le suivi des amphibiens sur les mares de la vallée du Blavet, par Bretagne Vivante : près de 20 mares suivies chaque printemps, sept espèces recensées, dont la salamandre tachetée et le triton crêté.
  • L’opération « zéro phyto » dans les espaces publics : mise en place généralisée dans toutes les communes morbihannaises depuis 2020, ce qui a généré une résurgence de la flore spontanée dans de nombreux villages (Source : Observatoire de la Biodiversité Civique 2021).

Choses à faire soi-même ou en famille pour s’impliquer

  1. Adhérer à ou aider une association locale environnementale, même une fois par an lors d’un chantier participatif.
  2. Planter ou préserver des haies et arbustes indigènes dans son jardin.
  3. Sensible à la ressource en eau : éviter les traitements près des fossés, signaler les pollutions, récupérer l’eau de pluie.
  4. Laisser des zones du jardin enherbées ou sauvages (ne pas tout tondre, préserver un « coin nature »), ce qui favorise le retour de papillons et d’abeilles solitaires.
  5. Participer aux actions collectives : nettoyage de printemps des chemins, recensements naturalistes, maintenance des sentiers de promenade… Les petites mains font la différence.

Les ressources ne manquent pas pour s’informer localement : panneau d’affichage communal, site internet de la mairie, bulletins des associations, rendez-vous avec le CPIE, ou tout simplement bouche-à-oreille entre voisins engagés.

Changer d’échelle, s’inspirer d’autres territoires

Bon nombre d’idées venues d’ailleurs sont aujourd’hui reprises ici : la restauration participative de talus s’inspire du Parc naturel régional d’Armorique, la protection des zones humides s’appuie sur des expériences menées au marais de Séné, et l’aménagement paysager « naturel » sur les villages du Finistère. Ces échanges entre communes et partenaires techniques (PNR, Conseil Départemental, DREAL…) enrichissent les stratégies locales, pour que la préservation des milieux reste vivante et adaptative.

Un territoire vivant, entre vigilance et enthousiasme

La gestion et la protection des milieux naturels à Saint-Barthélemy ne se limitent pas à quelques règlements. C’est un ensemble vivant de gestes, petits ou grands, portés par la commune, les agriculteurs, les associations et les habitants. La richesse naturelle existe encore ici, mais elle demande à être veillée, entretenue – et portée par de nouvelles idées. Observer les papillons sur un talus fleuri, entendre la grenouille dans une mare restaurée, suivre le vol d’une chouette sur une haie préservée : autant de petits bonheurs rendus possibles par ces efforts collectifs. L’avenir des paysages passera toujours par le local… et par celles et ceux qui font vivre ces actions jour après jour.

Pour aller plus loin :

Pour aller plus loin