27/01/2026

Là où la nature bouge : animaux à rencontrer à Saint-Barthélemy dans le Morbihan

Une commune discrète, un petit territoire riche en faune

Saint-Barthélemy, au cœur du Morbihan, offre plus que ses chemins bocagers. Pour qui sait regarder, faune sauvage et domestique accompagnent chaque détour. Observer les animaux ici, ce n’est pas une question de chance, c’est avant tout une histoire d’attention et de saisons. Entre bois, prairies, haies et rivières, la commune accueille une diversité insoupçonnée : oiseaux invisibles, mammifères matinaux, insectes saisonniers et un bestiaire champêtre qui croise les pas des promeneurs.

Quels animaux peut-on espérer voir – ou entendre – lors de balades à Saint-Barthélemy ? Voici un tour d’horizon, appuyé sur les recensements ornithologiques régionaux, les retours des habitants, et quelques observations personnelles recoupées par des données scientifiques fiables (Bretagne Vivante, LPO, Observatoire de la Biodiversité en Bretagne).

Les oiseaux : vedettes discrètes des chemins et des jardins

De la haie au ciel : reconnaître les espèces communes

On recense plus de 120 espèces d’oiseaux en Morbihan chaque année (Préfecture du Morbihan), dont environ une quarantaine directement observables régulièrement à Saint-Barthélemy. Du début du printemps à l’automne, les frontières entre la nature sauvage et domestique s’estompent : merles, mésanges et rougegorges viennent jusque dans les jardins.

  • Le grimpereau des jardins : petit oiseau gris-marron, spécialiste de l’écorce. Il suit les troncs, à la recherche d’insectes microscopiques. Rare ailleurs, il apprécie les vieux arbres de la rivière de Saint-Barthélemy.
  • La fauvette à tête noire : dès avril, ce discret chanteur squatte les haies et les buissons aux abords du Bourg. Reconnaissable à son “tchink-tchink” et à sa casquette noire (chez le mâle), elle se nourrit d’insectes et de baies.
  • Le pic épeiche : reconnaissable à son vol saccadé et à son tambourinage. Il creuse son nid dans les vieux arbres (tilleuls derrière l’église, chênes du bois de Kermerien).
  • L’hirondelle rustique : chaque année, elle revient de migration. Selon la LPO, une dizaine de couples nichent encore sous les toits du bourg et près des fermes alentour chaque été.
  • La mésange charbonnière : elle fréquente les mangeoires, mais c’est dans les bosquets ou les vergers, en fin de printemps, qu’on la remarque vraiment, virevoltant sans repos.

Un détour par les milieux humides : héron, martins-pêcheurs et grenouilles

  • Le héron cendré : grand oiseau pêcheur, stationne parfois à l’ombre des saules, sur les bords de l’Ével. Son envol lourd surprend les marcheurs inattentifs. Cette espèce reste commune dans cette partie du Morbihan (plus de 4 000 couples recensés sur la Bretagne chaque année, selon Bretagne Vivante).
  • Le martin-pêcheur : éclat bleu, petit cri perçant, il file au ras de l’eau. Espèce sensible, sa présence indique la bonne santé de la rivière.

D’autres espèces plus farouches, comme l’épervier, la buse variable, ou l’effraie des clochers, chassent à la tombée du jour ou à l’aube, profitant de la tranquillité des champs.

Mammifères : traces, silhouettes et furtives rencontres

Petits habitants du crépuscule et de l’aube

Croiser un mammifère à Saint-Barthélemy tient souvent du hasard et de l’heure matinale ou tardive. Pourtant, le territoire en abrite une belle diversité, caractéristique du bocage breton.

  • Le chevreuil : fréquemment aperçu à la lisière des bois au petit matin, surtout autour de Kervran, Bodéno et le long de la rivière. Les populations sont stables dans le Morbihan, avec environ 10 000 individus estimés (OFB/ONCFS).
  • Le hérisson d’Europe : visite souvent les jardins et pelouses à la recherche de limaces et insectes, surtout au printemps et en été. Espèce protégée, elle joue un rôle clé dans l’équilibre naturel.
  • Le renard roux : méfiant, il laisse plus souvent ses empreintes dans les chemins boueux qu’il ne se montre. Parfois croisé à l’aube, chassant le mulot ou à l’affût près des ruisseaux.
  • La fouine : reconnaissable à sa démarche en bonds et à sa bavette blanche sous la gorge. Elle fréquente granges, arbres creux et lisières.

Des rongeurs discrets mais omniprésents

  • L’écureuil roux : surtout présent dans les portions boisées, notamment près du lavoir de Kergal. Sa population connait une relative stabilité dans l’Ouest, à la différence de l’Est de la France.
  • Le campagnol des champs et la musaraigne : rarement vus, mais très présents dans le bocage. Ils constituent une ressource alimentaire de choix pour les rapaces.

Moins visibles, des espèces comme la taupe ou le blaireau laissent des indices : buttes de terre, traces, entrées de terriers sur les talus.

Reptiles, amphibiens et batraciens : des rencontres saisonnières

La faune reptilienne est moins variée en Bretagne qu’ailleurs, mais elle réserve tout de même quelques surprises.

  • Le lézard des murailles : courant sur les vieux murets, les pierres chaudes autour du bourg.
  • La couleuvre à collier : espèce protégée, craintive donc rarement dangereuse ; elle chasse grenouilles et têtards près des zones humides.
  • Le triton palmé et la grenouille rousse : présents dans les mares, fossés et abords de l’Ével, particulièrement audibles lors des nuits de printemps.

Au fil des années, des aléas comme la sécheresse ou la pollution impactent ces populations, d’où l’importance de préserver les zones naturelles et les points d’eau (source : Bretagne Vivante sur les amphibiens en Bretagne).

Insectes et papillons : la petite faune animée des beaux jours

Des pollinisateurs et des couleurs

  • L’abeille domestique et les bourdons : essentiels à la pollinisation. Plusieurs apiculteurs locaux (notamment au village de Kervihan) entretiennent des ruches à la sortie du bourg.
  • Le papillon Vulcain : migrateur venu du sud de l’Europe. Visible surtout en septembre, dans les vergers et sur les orties.
  • L’azuré commun et le citron : papillons emblématiques des prairies fleuries au printemps.

La vie nocturne des insectes

  • Le lucane cerf-volant : le plus grand coléoptère d’Europe, rare, encore présent autour de vieilles souches près de Kergal.
  • Les hannetons : bien qu’en nette régression, ils réapparaissent sur quelques parcelles en mai-juin.

Les insectes jouent un rôle central dans la santé des écosystèmes locaux, servant d’indicateurs de la qualité des milieux et de ressources majeures pour oiseaux, chauves-souris, hérissons.

Les animaux domestiques et de ferme : un panorama vivant du bocage

Impossible de parler des balades à Saint-Barthélemy sans évoquer la présence vivante des animaux de ferme : ils dessinent le paysage et rythment la vie rurale.

  • Vaches laitières et allaitantes : vaches Pie Noire ou Prim’Holstein, visibles dans de nombreux prés. La commune demeure en grande partie agricole (selon INSEE, 30% du territoire reste agricole et pâturé).
  • Chevaux de trait bretons : fierté locale, croisés le long des chemins de Kervran à Kerirzin.
  • Basse-cour : coqs, poules, canards, plus discrets mais bien présents autour des maisons.

Au printemps notamment, il n’est pas rare d’entendre les agneaux ou chevrette de chèvres dans les prairies. Ces animaux domestiques témoignent de l’équilibre entre traditions et évolution de l’agriculture bretonne.

Balades attentives : conseils pour observer sans déranger

  • Privilégier les promenades tôt le matin ou en fin d’après-midi, moments de plus forte activité animale.
  • Marcher discrètement, éviter de sortir des sentiers, et rester silencieux quand on longe haies ou zones humides.
  • Emporter jumelles et carnet de notes pour identifier chants et traces.
  • Ne jamais toucher ni perturber les jeunes animaux, même lorsqu’ils semblent abandonnés : souvent les parents attendent que la voie soit libre pour revenir.

La Bretagne a la chance d’avoir un tissu associatif très actif pour guider et sensibiliser : la LPO Morbihan organise parfois des sorties dans le secteur, et Bretagne Vivante propose des ateliers de reconnaissance ouverts à tous (voir agenda associatif).

Pour aller plus loin : l’émerveillement comme moteur

Saint-Barthélemy, c’est une biodiversité à taille humaine. Ce n’est pas une réserve nationale, mais un concentré typique du bocage breton. Observer les animaux, c’est apprécier le territoire d’une façon plus profonde et se relier à la vie du lieu. Les listes d’espèces sont vivantes, évoluent avec les saisons, les pratiques et le climat. Les balades, ici, sont doubles : elles attachent le regard au paysage, mais aussi à tout ce qui s’y déplace, du plus petit insecte à l’oiseau planant.

Et, parfois, ce sont les sons plutôt que les silhouettes qui trahissent la vie : un tambourin du pic tôt le matin, la course rapide d’un chevreuil dans la brume, ou le chœur mouillé des batraciens à la tombée du jour. À Saint-Barthélemy, chaque promenade réserve une occasion de voir – ou d’imaginer – cette compagnie discrète et essentielle.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leurs observations, des guides édités par la LPO ou des applications de reconnaissance facilitent la tâche. La nature locale y gagne, car la curiosité et le respect font toute la différence.

Quelques sources et repères pour poursuivre :

  • LPO France – Atlas des oiseaux nicheurs de Bretagne
  • Bretagne Vivante – Bilans sur les mammifères et amphibiens du Morbihan
  • INSEE – Données agricoles Morbihan 2022
  • Observatoire biodiversité Bretagne
  • PNR du Golfe du Morbihan - Plaquettes sur la faune commune

Pour aller plus loin