23/01/2026

Découvrir la nature sauvage autour de Saint-Barthélemy : espèces, chemins et émerveillement

Un écrin de verdure à révéler

Aux portes du centre Bretagne, Saint-Barthélemy ne fait pas grand bruit, et c’est souvent dans ce genre de lieux, loin des sentiers battus, que la nature réserve ses plus belles surprises. Entre bocage et prairies, ruisseaux secrets et bois touffus, la commune et ses alentours offrent une diversité étonnante de faune et de flore, parfois insoupçonnée même pour ceux qui y vivent. Ici, l'observation prend le temps, s’installe au détour d’un talus, d’un vieux chemin ou d’un matin de brume. Plutôt que de grandes réserves à touristes, on trouve des petits trésors, un oiseau au chant rare, une fleur protégée, ou la trace silencieuse d’un animal discret.

Les oiseaux : rencontres ailées et symphonies matinales

Le canton de Baud est reconnu pour sa richesse ornithologique, et Saint-Barthélemy partage cette réputation. Ses zones agricoles ponctuées de haies, de mares et de bosquets servent d’abri à quantité d’oiseaux qu’on n’entend plus guère ailleurs.

  • Le Torcol fourmilier : discret, il vient parfois nicher dans les vieux pommiers autour de la commune. Il doit son nom à sa capacité à vriller la tête, rappelant un serpent, pour impressionner ses prédateurs. (Source : LPO Bretagne).
  • L’Hirondelle rustique : dès avril, les premières arrivent. On la reconnaît à sa gorge rousse. Certaines familles nichent sous les avant-toits de vieilles granges ou à l’intérieur de bâtiments agricoles.
  • Le Busard Saint-Martin : rapace élégant, il patrouille sur les landes de Perseigne à la lisière de la commune. Il chasse en ‘vol battu’ à ras des prés, une silhouette aussitôt reconnaissable (Source : Oiseaux Bretagne).
  • Le Pic mar et le Pic vert : ces deux-là tambourinent sur les ormes et chênes anciens. Leur présence indique de vieux boisements préservés.
  • Le Rougequeue à front blanc : nicheur rare en Bretagne, mais parfois observé autour des jardins de Saint-Barthélemy à la mi-mai. Il affectionne les vieux murs et les arbres creux.

D’après la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), on compte environ 80 espèces nicheuses sur cette zone, signe d’un bocage encore vivant. Pour celles et ceux qui s’y essaient, lever du jour et fin de soirée sont les meilleurs moments : écouter la fauvette, repérer le saut d’un bruant zizi ou suivre le vol vif du martin-pêcheur le long du Louarn.

Le bocage et les prairies : des trésors de biodiversité

Le bocage est le « poumon vert » de la commune depuis des siècles. Les talus plantés de chênes, de châtaigniers et de prunelliers servent de couloir aux animaux et de refuge aux plantes sauvages. Ici, la diversité se joue à petite échelle, sur quelques mètres de haies ou dans la touffe d’herbe d’un pré.

  • L’Orchidée sauvage : Le sérapias langue (Serapias lingua), discrète, fleurit parfois en bord de prairie humide. C’est une des orchidées typiques du Morbihan intérieur, menacée par la disparition des zones humides (Source : Conservatoire botanique national de Brest).
  • L’Euphorbe polychrome : reconnaissable à ses capsules jaunes vives, elle colore les sous-bois au printemps. Non toxique, elle attire papillons et syrphes.
  • La fougère aigle : très commune, elle forme parfois de vraies mini-forêts sous les hêtres.
  • Les digitales pourpres ou "doigts-de-sorcière" : haute et élégante, elle annonce souvent la fin du printemps dans les friches et lisières.

La gestion raisonnée des prairies, encore pratiquée localement par des éleveurs, permet de maintenir ces espèces. Les fauches tardives et le peu d'intrants chimiques contribuent à la richesse botanique du secteur. À titre d’exemple, un hectare de prairie bocagère peut abriter jusqu’à 50 espèces végétales différentes (Source : Observatoire de la biodiversité du Morbihan).

Rivières et zones humides : les discrets habitants de l’eau

Saint-Barthélemy est traversée par le petit cours d’eau le Louarn, affluent du Blavet, et bordée de plusieurs mares naturelles. Ces milieux humides sont des réserves de vie, souvent menacées ailleurs.

  • La truite fario : reste bien présente, preuve d’une eau encore peu polluée. C’est une espèce indicatrice de bonne qualité de l’environnement aquatique.
  • Le sonneur à ventre jaune : petit crapaud rare, il fréquente les ornières et mares temporaires cachées dans les bois humides de la commune (Source : Atlas des amphibiens de Bretagne).
  • Libellules et demoiselles : plus de quinze espèces recensées localement, dont la libellule déprimée (Libellula depressa), au gros abdomen bleu pâle, bien visible en juin autour des mares.
  • La rousserolle effarvatte : oiseau aux chants variés, il niche dans les roselières de certains étangs et mares du secteur.

Au printemps, prendre le temps de longer ces petits ruisseaux ou de s’asseoir en lisière d’un étang permet d'observer toute cette vie souvent invisible le reste de l’année.

Le bois de Kerhman et autres forêts : havres pour mammifères et champignons

À l'ouest du bourg, le bois de Kerhman reste l'un des espaces boisés les plus anciens du secteur. Il s’agit pour partie de reliques de forêts anciennes, où la diversité augmente avec l’âge des arbres.

  • Chevreuils : très présents au lever du jour, ils laissent quelques traces dans la boue fraîche après une nuit de maraude. La population de chevreuils a augmenté dans le Morbihan ces vingt dernières années, passant de 4000 individus (1990) à plus de 12 000 aujourd’hui selon l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).
  • Blaireaux : leurs terriers sont repérables par les monticules de terre bien frais. Ils participent activement à l’aération des sols forestiers.
  • Hérissons et musaraignes : peu visibles, ils contribuent à la régulation naturelle des populations d’insectes nuisibles.
  • Chauves-souris : au crépuscule de juin à août, on peut y observer le vol rapide de la Pipistrelle commune, espèce protégée par la Directive Habitat européenne. Un seul individu peut consommer plus de 3000 insectes par nuit ! (Source : Bretagne Vivante).
  • Champignons : le cèpe de Bordeaux, la girolle ou encore la vesse-de-loup sont des trouvailles fréquentes pour les amateurs, attention cependant à la cueillette, pas toujours autorisée partout et soumise à réglementation (voir : Préfecture du Morbihan).

Ces forêts servent aussi de refuges à de nombreux oiseaux forestiers et contribuent à la qualité de l’air local. Marcher silencieusement en lisière augmente les chances de jolies rencontres.

À la rencontre des fleurs de talus et des petites bêtes

La Bretagne intérieure, et particulièrement les communes à bocage comme Saint-Barthélemy, possèdent des talus riches en microfaune et microflore. Ce sont souvent les premiers observatoires disponibles à pied, le long des routes et chemins.

  • La primevère officinale : première à fleurir à la sortie de l’hiver. Autrefois, elle était cueillie pour préparer un « vin fortifiant » local.
  • Papillons : selon le dernier inventaire régional (Réseau Bretagne Vivante), 23 espèces recensées autour de la commune. Le citron de Provence, le vulcain, et le paon du jour sont parmi les plus répandus au printemps.
  • Abeilles sauvages : la commune abrite au moins 15 espèces différentes, du bourdon terrestre à l’andrène. Certaines nichent dans les talus exposés sud, participant activement à la pollinisation des vergers locaux.
  • Jacinthe des bois : en avril, elle forme des tapis bleus-violacés magnifiques sur les talus ombragés. Elle est indicatrice d’anciens boisements et de sol peu remanié.

Prendre quelques minutes pour observer un talus en plein été, c’est entrer dans le ballet des fourmis, coccinelles, coléoptères et araignées colorées, toutes acteurs d’un écosystème discret mais fascinant.

Espèces rares et à surveiller : un équilibre fragile

Certains habitants de nos campagnes sont devenus rares en raison de l’intensification agricole, du recul des haies ou de la pollution des eaux. Des efforts locaux, menés notamment avec le Conservatoire des espaces naturels de Bretagne, visent à préserver :

  • L’Azuré des mouillères (papillon) : dépend, pour sa survie, d’une seule espèce de plante présente dans les prairies humides. Il a disparu de plusieurs communes voisines mais subsiste encore à l’est de Saint-Barthélemy.
  • Le Triton crêté : amphibien rare, repéré dans plusieurs mares isolées grâce à des opérations participatives d’inventaire naturaliste en 2021 (Source : Atlas Herpétologique Régional).
  • La fritillaire pintade : cette fleur si particulière, au motif de damier violet, est aujourd’hui protégée. Quelques pieds subsistent à la lisière des zones humides de la commune.

Mieux connaître ces espèces, c’est participer à leur sauvegarde. Les marches encadrées par Bretagne Vivante ou l’association Natura Morbihan, organisées chaque printemps, servent aussi à collecter des observations précieuses pour mieux faire connaître ces patrimoines naturels locaux.

Chemins conseillés pour l’observation de la faune et de la flore

Pour profiter pleinement de la diversité locale, quelques balades offrent un cadre privilégié :

  • La boucle de Kerhman (6 km) : traverse successivement prairies, bois et ruisseaux, parfait pour l’observation des oiseaux et des orchidées en juin.
  • Le sentier des trois mares (8 km) : pour cheminer aux abords de zones humides, guetter libellules, amphibiens et hérons cendrés.
  • Le chemin des talus fleuris (4,5 km) : idéal en avril-mai pour photographier primevères, jacinthes et admirer le bourdonnement des abeilles sauvages.

Deux conseils pour les promeneurs : privilégier les heures calmes (au lever du soleil ou en soirée), marcher discrètement et toujours respecter la quiétude des lieux, surtout en période de nidification.

S’ouvrir à la nature autour de Saint-Barthélemy

À Saint-Barthélemy, la biodiversité s’écrit en petites touches : un vol de grèbes au petit matin, le rire du pic vert, le parfum d’une digitale sur un talus. Observer la faune et la flore ici, c’est retrouver le goût du détail, s’imprégner de la saison, prendre la mesure d’un paysage qui change et qui, sans ostentation, offre chaque jour un nouveau tableau. Ces découvertes silencieuses sont à la portée de tous.

Pour prolonger l’exploration, de nombreuses associations locales (Bretagne Vivante, LPO, Natura 2000) organisent régulièrement des sorties naturalistes. Participer à ces balades, c’est aussi rencontrer d’autres passionnés, échanger des anecdotes et, pourquoi pas, contribuer à la préservation discrète de ce patrimoine vivant.

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