29/01/2026
Dans le Morbihan intérieur, Saint-Barthélemy est un petit pays de hameaux, de champs ouverts, de haies bocagères, de boisements discrets et de vallées humides dessinées par le Tarun, l’Evel, ou de plus modestes ruisseaux. Cette diversité géographique très marquée fait le bonheur d’une grande variété d’oiseaux. Ici, il ne s’agit pas d’espèces exotiques ni rares qui attirent les foules mais bien de la richesse discrète d’un territoire rural, façonné par l’agriculture et le temps.
L’avifaune – le terme est un peu savant mais il veut simplement dire : les oiseaux vivant sur un territoire donné – reflète toute cette diversité. Promenade sur les chemins creux, pause sur une berge, observation d’une vieille grange ou d’une prairie fleurie : les oiseaux accompagnent chaque instant, à qui prend le temps de les voir.
Saint-Barthélemy abrite en premier lieu les oiseaux du bocage, ce paysage typique du centre Bretagne, mêlant haies, petits bois et cultures. Voici quelques résidents incontournables :
Beaucoup de ces oiseaux sont dits « communs », mais chacun possède une histoire locale. Par exemple, dans les hameaux autour du Vieux Bourg, le rougequeue noir niche dans les anfractuosités des vieilles pierres dès la fin mars ; le chardonneret élégant, autrefois piégé pour être mis en cage, est aujourd’hui protégé et souvent visible sur les bords de routes fleuris.
Les cours d’eau de Saint-Barthélemy et leurs zones humides associées hébergent leur propre population ailée :
On citera aussi le canard colvert, le rale d’eau, et, en hiver, le cincle plongeur – un oiseau que l’on confond volontiers avec une grosse boule sombre, à l’exception de sa tache blanche sur le poitrail, et qui plonge dans le courant des ruisseaux. Il hiverne régulièrement sur l’Evel, mais disparaît dès la fin mars.
Autour des villages et jusque dans les grands espaces ouverts de Saint-Barthélemy, on croise des oiseaux typiques des cultures :
Certaines années, la pie-grièche écorcheur fait également son apparition à la belle saison dans les prairies riches en arbrisseaux épineux, où elle accroche ses proies.
La commune propose plusieurs lieux idéaux pour la découverte des oiseaux :
Un observatoire ornithologique amateur s’est constitué informellement à Saint-Barthélemy autour de bénévoles (source : discussions avec les associations naturelles départementales), qui transmettent chaque année les listes d’espèces aux réseaux régionaux comme Faune Bretagne.
La diversité des chants permet à chacun d’identifier les espèces avant même de les voir. Par exemple, en mai, le soir venu, le merle noir et la fauvette à tête noire se répondent depuis les haies du bourg, tandis que la chouette effraie, invisible en plein jour, hante souvent les clochers et les greniers inoccupés.
À l’aube, c’est la mésange charbonnière qui, dès 5h30 au printemps, amorce le « concert du bocage ». L’alouette, elle, chante jusqu’au plein été, quand les cultures sont hautes.
À Saint-Barthélemy, la présence persistante du bocage protège quantité d’oiseaux. Cependant, plusieurs espèces sont en net recul : la perdrix grise, jadis commune, a quasiment disparu, tout comme la caille des blés. Les haies entretenues, les zones humides non asséchées, et les cultures peu polluées favorisent la survie de nombreux passereaux.
Bonne nouvelle, le regain de l’élevage à petite échelle et la création de zones de repos ou de bandes fleuries jouent depuis quelques années en faveur de l’hirondelle rustique, du bruant jaune, de la linotte. À noter aussi l’installation de nichoirs dans quelques fermes et écoles du village, permettant d’observer leur efficacité sur le long terme : à l’école du centre-bourg, par exemple, huit mésanges bleues ont été baguées et relâchées en 2023.
Enfin, une anecdote locale sympathique : en 2021, une grive litorne a été observée près du plan d’eau de Létourneux, un oiseau rare pour la commune et qui migre d’ordinaire plus à l’est ; mais le froid exceptionnel de février l’a poussée vers la Bretagne (source LPO Morbihan, 2022).
La richesse ornithologique de Saint-Barthélemy se dévoile au fil des saisons et des chemins. Pour qui sait ouvrir l’œil (et l’oreille), chaque promenade réserve sa surprise : la fauvette qui chante dans la brume, l’hirondelle qui rase la rivière, ou ce héron solitaire immobile qui surgit d’un méandre au détour d’un sentier. Observer les oiseaux locaux, c’est redécouvrir un patrimoine, vivre au rythme du paysage, et parfois, apprendre à mieux protéger ce qui fait le cœur de notre campagne morbihannaise.
Pour ceux que le sujet intéresse ou qui souhaitent participer à des sorties ornithologiques, des liens utiles :
Que l’on soit expert, curieux, promeneur du dimanche ou simple habitant, la découverte des oiseaux est à la portée de chacun, dans une nature partagée.