15/12/2025
La commune de Saint-Barthélemy, nichée au nord du Blavet, se distingue par la préservation de ses paysages bocagers. Ici, le bocage ne se résume pas à de simples haies. Il enveloppe le territoire, façonne l’ambiance et influence la vie quotidienne.
Tradition remontant au Moyen Âge, le maillage de haies, talus et prairies s’organise en réponse aux besoins agricoles et à l’esprit communautaire. Encore aujourd’hui, plus de 80 kilomètres de haies structurent les 1 600 hectares de terre de la commune (source : Geoportail – données environnementales Bretagne, 2022). Loin d’être figé, ce bocage évolue, mais il a su garder sa colonne vertébrale historique.
À Saint-Barthélemy, plusieurs types de bocages se combinent, offrant une étonnante richesse paysagère :
Chacun de ces éléments participe à la mosaïque bocagère, avec ses ambiances, couleurs et lumière particulières selon la saison.
Le bocage saint-barthélemien se repère à certains arbres remarquables :
Certaines haies, telles celles de Launay et de Lann Vraz, atteignent une largeur de 5 à 7 mètres par endroits. Elles constituent des “réservoirs de biodiversité”, abritant plus de 44 espèces d’oiseaux recensés par le groupe ornithologique breton en 2021.
Le bocage n’est pas qu’un décor : il façonne la vie. Les éleveurs l’utilisent pour clore les pâtures, abriter les animaux, fournir bois et fruits.
En 2018, un inventaire local (étude du CPIE forêt de Brocéliande) estimait que plus de 75% du réseau bocager d’avant 1950 est toujours en place à Saint-Barthélemy – un record pour le secteur, la moyenne bretonne étant tombée à 55% (source : Agence Bretonne de la Biodiversité).
À arpenter Saint-Barthélemy, on croise une vingtaine de chemins creux, conservés sur 12 kilomètres de sentiers (source : Plan communal des chemins ruraux, 2023).
Ces chemins, parfois fermés à la circulation automobile, constituent un patrimoine vivant. Ils accueillent marcheurs, amateurs de nature ou familles venues observer faune et flore.
Les paysages bocagers font de Saint-Barthélemy un petit sanctuaire pour la biodiversité. Selon les recensements locaux menés depuis dix ans :
Les couloirs boisés servent également lors des migrations saisonnières : on y observe des vols de grives, de pigeons ramiers et, plus rarement, la bondrée apivore à l’automne.
Face à la disparition des haies dans de nombreuses communes françaises, Saint-Barthélemy a engagé une politique de valorisation :
À noter : les agriculteurs de la commune s’associent régulièrement pour la gestion “douce” des haies (taille manuelle, respect de l’équilibre faune-flore) plutôt que des coupes mécanisées, suite à des recommandations du Guide Technique du Bocage édité par la Région Bretagne.
Évoluer sans perdre l’âme bocagère, c’est le défi pour les années à venir. Le mitage urbain, le changement climatique ou la pression agricole risquent de fragiliser cet équilibre.
Les élus de Saint-Barthélemy évoquent également la création, dans la prochaine décennie, d’une “trame verte bocagère” pour relier toute la commune par sentiers balisés, du Blavet aux lisières forestières de Kerdavid.
Explorer le bocage, c’est aussi l’expérimenter. Plusieurs circuits de randonnées balisés partent du centre-bourg ou de la chapelle Sainte-Anne. À chaque tournant surgissent des odeurs de terre, le chant du rouge-gorge ou le vol furtif d’une buse variable.
Un conseil aux visiteurs : privilégier la marche à la saison des floraisons, entre avril et juin, quand les haies explosent de couleur et que la lumière perce à travers les frondaisons fraîches. Les plus attentifs distingueront peut-être le cri furtif du pic épeiche ou le ballet des martinets au-dessus des prairies.
Richesse réelle mais fragile, le bocage de Saint-Barthélemy mérite plus qu’un regard. Il invite à l’écoute, à la contemplation et à la transmission. Si la plupart des chemins sont publics, il est recommandé de respecter l’intimité des fermes et propriétés, et de rester sur les sentiers balisés.
Les paysages bocagers de Saint-Barthélemy sont l’un de ces patrimoines transmis de main en main, souvent à l’abri des regards, mais toujours prêts à se dévoiler à qui prend le temps de s’y attarder. Une invitation permanente à explorer, comprendre et préserver.