12/03/2026

Préserver la nature à Saint-Barthélemy : actions locales et engagements du quotidien

Le bocage : un patrimoine vivant défendu et restauré

Entre les routes ondulantes et les vallons humides de Saint-Barthélemy, le bocage fait figure de rempart naturel et d’abri pour la biodiversité. Ce paysage de haies et de talus, typique du Morbihan intérieur, est aujourd’hui au cœur de plusieurs actions collectives menées en lien avec la communauté de communes, les agriculteurs, et des associations comme le CPIE Forêt de Brocéliande.

  • Restauration des haies bocagères : Chaque année, des chantiers participatifs sont organisés pour replanter des haies sur le territoire communal. Sur Saint-Barthélemy, plus de 2 km de haies ont été reconstitués depuis 2018 (source : Service Commune, rapport 2023).
  • Accompagnement des exploitations agricoles : Des conseils et aides sont apportés aux exploitants qui veulent maintenir ou refaire leurs haies (Plan bocager de Baud Communauté), que ce soit pour la lutte contre l’érosion, la régulation des eaux ou le maintien des auxiliaires de culture.
  • Valorisation du bois bocager : Le bois issu de la taille des haies est utilisé localement, en paillage ou en bois de chauffe, réduisant ainsi les transports et valorisant une ressource renouvelable.

Ces actions permettent de sauvegarder un vrai corridor écologique : autour des haies, pas moins de 60 espèces d’oiseaux nicheurs ont été recensées sur le secteur, dont le torcol fourmilier et la pie-grièche écorcheur (source : Ligue pour la Protection des Oiseaux, observatoire 2022).

Protection des zones humides et des cours d’eau

Les prairies humides du Lié, du Tarun ou du Bosiac, tout comme les petits ruisseaux qui sillonnent la commune, sont des habitats précieux. Ils filtrent naturellement les eaux, stockent le carbone, et abritent de nombreuses espèces discrètes : grenouilles agiles, libellules éclatantes, loutres parfois aperçues. Ces trésors sont menacés de façon insidieuse par le drainage, le piétinement, ou la pollution diffuse.

  • Contrat territorial milieux aquatiques (CTMA) : Depuis 2021, Saint-Barthélemy participe au CTMA piloté par le Syndicat du Grand Bassin de l’Oust. Cela a permis de restaurer les berges de plus de 500 mètres de rivières. On favorise la repousse naturelle des saulaies, la pose de clôtures pour éloigner le bétail, et la plantation d’arbres rivulaires.
  • Suivi de la qualité de l’eau : Avec l’appui de l’Agence de l’Eau, des analyses régulières sont menées sur le Tarun afin de mesurer la présence de nitrates et de phosphates. En trois ans, une baisse moyenne de 13% des nitrates a été observée (rapport Eau & Rivières Bretagne 2023).
  • Inventaires naturalistes : Depuis 2022, un programme mené en partenariat avec Bretagne Vivante mobilise les habitants pour cartographier les amphibiens printaniers. Les mares recensées sont mieux protégées lors des travaux agricoles ou communaux.

Des espaces communaux plus respectueux de la faune et de la flore

Chaque jardin, chaque parcelle entretenue par la commune peut devenir un refuge ou un piège pour la petite faune. Depuis 2017, la gestion des espaces verts à Saint-Barthélemy s’est engagée vers plus de sobriété et de respect de la biodiversité.

  • “Zéro phyto” : Tous les produits phytosanitaires sont interdits sur les espaces publics depuis janvier 2019 (loi Labbé, appliquée localement : voir site Ministère de la Transition Ecologique). Cela représente plus de 4 ha d’espaces entretenus sans produits chimiques.
  • Prairies fleuries et zones refuges : Environ 2 300 m² de prairies ont été semées sur la commune, notamment aux abords de la zone sportive et du cimetière. Le fauchage tardif y favorise orchidées, papillons et abeilles sauvages.
  • Gestion différenciée : Les accotements, ronds-points et talus ne sont plus tondus systématiquement mais selon un calendrier adapté. L’objectif ? Laisser les insectes terminer leur cycle, économiser de l’énergie, et améliorer l’aspect paysager.

Ce mode de gestion porte ses fruits : lors du Comptage national des oiseaux des jardins 2023, la mésange charbonnière, le rougequeue et le geai des chênes ont été observés dans des proportions stables, alors qu’ils régressent ailleurs en Bretagne urbaine (source : LPO).

Implication citoyenne et éducation à l’environnement

Protéger la nature ne se fait jamais seul. Les initiatives communales sont relayées, amplifiées ou parfois impulsées par les habitants eux-mêmes ou différents acteurs associatifs.

  • Journées de nettoyage citoyen : Au printemps et à l’automne, une soixantaine de participants (habitants, familles, écoles) sillonnent routes et chemins pour ramasser déchets et mégots. En 2023, près de 140 kg de déchets ont été collectés en une matinée (source : bulletin communal et O.B.E.—Observatoire des Bennes et Environnement).
  • Compostage et gestion des biodéchets : Trois sites de composteurs collectifs ont été mis en place début 2022, en partenariat avec le SITTOM-MI. Plus de 3,8 tonnes de biodéchets y sont traitées par an, transformées en amendements gratuits pour les habitants.
  • Sensibilisation des jeunes : Interventions régulières dans les écoles avec le CPIE, sorties nature, ateliers nichoirs ou constructions d’hôtels à insectes. En 2023, 140 enfants ont participé à au moins une animation nature (source : CPIE Forêt de Brocéliande, bilan animations scolaires 2023).

Ces petits gestes répétés, ces moments partagés en famille ou entre voisins, ont à moyen terme un impact beaucoup plus large : moins de déchets dans la nature, plus de respect de la faune, l’envie de transmettre…

Patrimoine naturel, culture locale et attractivité : un équilibre à préserver

Si Saint-Barthélemy a su protéger ses paysages et ses richesses écologiques, c’est aussi par une conscience bien locale de ce qui fait son identité. Ainsi, la rénovation du lavoir de Kertanguy a intégré conseils d’écologues pour préserver la reproduction du triton marbré, et le balisage des chemins de randonnée évite sciemment certaines zones sensibles à la nidification (lieux tenus confidentiels pour éviter les dérangements).

La commune s’est engagée à intégrer des critères d’éco-gestion dans toutes les manifestations locales se déroulant en plein air (fêtes associatives, brocantes). Par exemple, lors du Festival de la Châtaigne, l’usage de vaisselle jetable a été éliminé, les déchets triés sur place, et une zone de parking a été délimitée hors prairie humide.

Cette vigilance, sans être austère ni pesante, concilie les besoins de la vie locale, l’accueil des visiteurs, et le respect de la faune et de la flore.

À explorer, à soutenir…

  • Découvrir les haies ou participer à un chantier de plantation ? Suivre le calendrier sur le site de la mairie et celui de Bretagne Vivante.
  • Agir pour les rivières ? S’informer auprès du GBO (Grand Bassin de l’Oust) et des animations “Carte des mares”.
  • Admirer la biodiversité locale ? Se prêter au jeu du Comptage des oiseaux de jardins chaque hiver (opération portée par la LPO).
  • Soutenir les producteurs engagés (miel local, légumes bio…) ? Les marchés et points de vente directe précisent les producteurs ayant la mention “Haie de vie” ou “Refuge LPO”.

Sources principales et liens utiles : CPIE Forêt de Brocéliande : https://www.cpie-broceliande.fr LPO Bretagne : https://bretagne.lpo.fr Bretagne Vivante : https://www.bretagne-vivante.org Agence de l’Eau Loire-Bretagne : https://www.eau-loire-bretagne.fr Mairie de Saint-Barthélemy (Morbihan) : https://www.saintbarthelemy56.fr SITTOM-MI : https://www.sittom-mi.fr Eau & Rivières de Bretagne : https://www.eau-et-rivieres.org

Ici, la nature n’est pas seulement un décor, mais une part de l’histoire commune, qui écrit chaque jour de nouveaux chapitres.

Pour aller plus loin