16/02/2026

À la recherche des plantes comestibles et médicinales de Saint-Barthélemy (56)

Un terroir propice à la diversité végétale

Les terres de Saint-Barthélemy s’étendent sur une vingtaine de kilomètres carrés (source : INSEE), réparties entre bocages, landes, zones humides et abords de ruisseaux. Le climat tempéré, marqué par une pluviométrie régulière (environ 900 mm/an selon Météo Bretagne), favorise le développement d’une flore abondante. Ici, les anciens disaient : “Le sol nourrit, mais les talus guérissent.” Et pour cause, chaque haie, chaque bordure de chemin recèle son lot de plantes utiles.

Les plantes comestibles à portée de main

Avant toute cueillette, rappel essentiel : la reconnaissance des plantes doit être rigoureuse. Une erreur d’identification peut coûter cher. Ne récolter que ce que l’on connaît parfaitement, en s’appuyant sur des ouvrages fiables (« Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques » de François Couplan) ou en s’accompagnant d’un connaisseur.

L’ortie (Urtica dioica) : la mal-aimée pleine de ressources

  • Où la trouver : Au pied des talus, dans les endroits riches en déchets organiques. Vers la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours, on peut croiser de belles colonies.
  • Richesse : L’ortie est 2 à 3 fois plus riche en protéines que la laitue (source : CIQUAL/Anses) et bourrée de vitamine C, de magnésium, de fer.
  • En cuisine : En soupe, pesto ou cake salé. Il suffit de la blanchir pour enlever le piquant. Les anciens la cuisinaient dès l’arrivée du printemps, “du berceau au faitout”, dixit un habitant du village de Kermarquer.

Le pissenlit (Taraxacum officinale) : une salade de la prairie

  • Marqueur du printemps : Les jeunes feuilles se dégustent en salade, et les boutons floraux peuvent se préparer en câpres.
  • Riche en : Potassium, bêta-carotène, vitamine A (source : CIQUAL/Anses). Un atout pour dépurer l’organisme.
  • Tradition locale : À Saint-Barthélemy, les pissenlits étaient cueillis “avant Pâques” pour préparer une “carte du printemps” (anecdote recueillie auprès d’un ancien du bourg).

L’ail des ours (Allium ursinum) : l’arôme sauvage des sous-bois

  • Caractéristiques : Feuilles lancéolées, parfum intense d’ail. Présent dans les zones humides, notamment près du ruisseau du Roch.
  • Utilisation : Feuilles hachées dans un beurre, dans des omelettes ou des sauces.
  • Mise en garde : Attention à ne pas confondre avec le muguet ou la colchique, tous deux toxiques (source : Société Botanique de France).

Le sureau noir (Sambucus nigra) : du talus à la confiture

  • Où le trouver : Haies du quartier de Kergus ou abords des chemins ruraux.
  • Usages culinaires : Fleurs (en beignets ou sirop), baies mûres (en gelées ou vins). Les baies crues sont laxatives, mieux vaut les cuire.
  • Anectode : Jadis, le sirop de sureau était utilisé lors des refroidissements.

D’autres plantes comestibles courantes à Saint-Barthélemy

  • La violette odorante (Viola odorata) : fleurs cristallisées, feuilles en salade.
  • L’égopode podagraire (Aegopodium podagraria) : surnommée “herbe aux goutteux”, autrefois très prisée cuite comme les épinards.
  • La cardamine (Cardamine pratensis) : saveur piquante, apporte du croquant à une salade de printemps.

Les plantes médicinales : alliées discrètes mais précieuses

De nombreuses plantes présentes à Saint-Barthélemy sont utilisées pour leurs vertus médicinales. Dès le Moyen Âge, les “simples” étaient cultivées dans les jardins conventuels et médicinaux locaux. Bien entendu, l’automédication impose la prudence et il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.

La camomille matricaire (Matricaria chamomilla) : la douceur des talus

  • Où la trouver : En bordure de chemin, identifiable à ses petites fleurs blanches et son odeur caractéristique.
  • Principaux usages : En infusion contre les maux d’estomac et pour calmer les troubles du sommeil. Déjà citée dans l’Herbier de la France de Bulliard au XVIIIe siècle.

L’aubépine (Crataegus monogyna) : une alliée pour le cœur

  • Arbuste du bocage : Encore plantée dans les haies de la commune, ses fleurs et ses fruits sont utilisés en infusion pour aider à réguler le rythme cardiaque.
  • Données scientifiques : Selon l’EMA (Agence Européenne du Médicament), elle favorise la sérénité et soutient la fonction cardiaque légère.

Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) : le remède des bords de route

  • Usages traditionnels : Feuilles froissées appliquées sur les piqûres d’ortie ou d’insectes pour calmer la douleur.
  • Infusion : Employée pour apaiser la toux.

L’achillée millefeuille (Achillea millefolium) : la panacée des prairies

  • Caractéristiques : Plante à feuilles très découpées et à fleurs blanches. Les abords des chemins du secteur de Kerbernès la voient fleurir entre juin et août.
  • Vertus : Employée pour faciliter la digestion ou pour ses propriétés cicatrisantes. Selon le site de la Pharmacie Française, elle renforce aussi la circulation sanguine.

Tableau récapitulatif des principales plantes identifiées à Saint-Barthélemy

Nom commun Parties utilisées Usages Période de cueillette
Ortie Jeunes feuilles Soupe, cake, tisane fortifiante Février à octobre
Pissenlit Feuilles, boutons, racines Salade, "câpres", décoction dépurative Février à mai (jeunes feuilles)
Camomille matricaire Fleurs Infusion digestive et apaisante Mai à juillet
Ail des ours Feuilles, boutons, fleurs Pesto, beurre, condiment Mars à mai
Achillée millefeuille Feuilles, fleurs Infusion, cataplasme, condiment Juin à août
Sureau noir Fleurs, baies mûres Sirop, gelée, beignet, vin Mai à septembre
Aubépine Fleurs, feuilles, baies Infusion apaisante et cardiaque Mai (fleurs), automne (baies)
Plantain lancéolé Feuilles Cataplasme, infusion pour la toux Avril à septembre

Petite histoire vivante : la cueillette aujourd’hui

Si la cueillette était autrefois un geste ordinaire—lié à la nécessité ou à l’habitude—, elle connaît depuis quelques années un regain d’intérêt. Plusieurs familles de Saint-Barthélemy racontent encore les séances de ramassage “des premiers pissenlits”, les pots de confiture de mûres sauvages en septembre, ou la fabrication du sirop de sureau pour l’hiver.

On observe aujourd’hui un retour des balades-botanique, parfois organisées par les associations locales, comme “Botanica Breizh” : ces sorties rassemblent marcheurs, curieux et nouvelles générations, désireux d’apprendre à identifier correctement plantes comestibles et toxiques.

S’initier en douceur : bon sens, règles et partage

  • Respecter la ressource : Ne jamais tout prendre, limiter sa récolte pour préserver la plante et sa régénération.
  • Bien identifier : Une confusion peut être risquée. Muguet, colchique, ciguë, digitale… Plusieurs espèces toxiques poussent aussi à Saint-Barthélemy.
  • Laver soigneusement : Par précaution, toujours rincer à l’eau claire les plantes fraîchement cueillies.

Des ouvrages de référence conseillés :

  • “Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques” de François Couplan (éditions Delachaux et Niestlé)
  • Outil en ligne de reconnaissance botanique : Tela Botanica

Une invitation à ouvrir l’œil

Le territoire de Saint-Barthélemy cache bien des ressources sous les pieds. Observer, apprendre, découvrir, et parfois cueillir, voilà une façon de renouer avec le vivant et d’enrichir son quotidien. Ici, chaque coin de haie ou prairie est une promesse de saveurs et de remèdes naturels, pour qui sait regarder avec attention et respect.

La prochaine balade est peut-être l’occasion de glaner trois feuilles d’ortie pour une soupe, de s’arrêter sur une touffe de plantain, de humer la camomille. Les richesses de la commune sont multiples, et les plantes en sont un trésor discret mais vital. Faites-en l’expérience : ouvrez l’œil, tendez la main, et laissez la nature de Saint-Barthélemy vous inspirer.

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