12/12/2025
Les zones humides sont les trésors discrets du Morbihan. Autour de Saint-Barthélemy, elles dessinent dans le paysage des rubans de verdure, ponctués d’écoulements lents, de mares et de roselières. Elles accueillent nombre d’espèces protégées et jouent un rôle vital pour l’équilibre du territoire. Mais comment s’y rendre à pied, et que peut-on y découvrir ? Voici un guide précis pour explorer ces lieux à la fois fragiles et fascinants, en profitant d’itinéraires accessibles et respectueux de leur quiétude.
Avant d’enfiler ses chaussures, un mot sur ce qui fait l’originalité des zones humides bretonnes. On y trouve des prairies inondables, des tourbières, mais aussi des bois inondés (saulaies, aulnaies…), qui font partie intégrante du réseau Natura 2000 ou bénéficier d’un classement ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique). À Saint-Barthélemy même et dans la boucle du Blavet, ces espaces représentent une surface de plusieurs dizaines d’hectares, en lien direct avec le réseau hydrographique local (source : DREAL Bretagne : « Inventaire des zones humides du Morbihan », 2022).
Minzy, sur la rive gauche du Blavet, à 3 km du bourg, est un spot essentiel. Un sentier balisé part du parking du canal (panneau jaune « Minzy / Les Rives du Blavet ») et descend le long de la forêt. Rapidement, on longe une large prairie inondable. En variante, poursuivre vers le petit pont de fer au-dessus du ruisseau. Selon la saison, on y observe hérons, canards souchets et martin-pêcheurs. Les sentiers sont accessibles toute l’année, mais mieux vaut prévoir des bottes de novembre à mars.
À l’est du village, le marais du Rohu est accessible par le chemin de Kerascoët. Un fléchage discret (« Marais du Rohu – sentier découverte ») vous guide jusqu’à une placette et des panneaux pédagogiques. Le circuit est court (3 km) mais permet de faire le tour du marais et de traverser des pontons sur pilotis, parfois en surplomb d’eaux libres couvertes de roseaux, d’iris ou de joncs. Un observatoire en bois permet d’approcher la faune : grenouilles, libellules, poules d’eau, occasionnellement un martin-pêcheur.
Cette zone, plus confidentielle, s’atteint par le GR 34C, à partir du lieu-dit Kergouët (stationnement possible à l’ancienne laiterie). Ici, le chemin traverse un bois de frênes et longe une petite tourbière alimentée par la source du Resteut. Des panneaux discrets rappellent qu’on est en zone sensible. La flore y est remarquable, avec présence possible de droséras (une plante carnivore rare, protégée localement) et de linaigrettes (petites touffes cotonneuses blanches visibles en mai-juin). Les engins à moteur y sont strictement interdits, tout comme la cueillette.
Les zones humides autour de Saint-Barthélemy accueillent une biodiversité remarquable. Selon l’Observatoire des Zones Humides de Bretagne, on compte plus de 220 espèces végétales sur les seules berges du Blavet et près de 60 espèces d’oiseaux nicheurs ou migrateurs relevées dans les marais à l’est de la commune (source : OZH Bretagne, rapport 2023).
Des anecdotes : à la fin du XIXe siècle, ces marais étaient quasi exclusivement exploités pour la fauche des roseaux, destinés à la couverture des toits locaux ou à la litière animale. Le brame du chevreuil, encore perceptible en octobre dans les roselières au lever du jour, donne une atmosphère très singulière à ces lieux.
À noter : le conseil départemental du Morbihan a édité un guide “Balades et découvertes des zones humides” qui recense l’ensemble des sentiers officiels et des consignes de visite. On le trouve en mairie ou à l’office de tourisme de Locminé, ainsi qu’en ligne (morbihan.fr).
Explorer les zones humides à pied, c’est non seulement goûter la richesse d’une nature encore préservée, mais aussi comprendre combien la gestion de ces milieux est indispensable pour la vitalité d’un territoire. Chaque sentier offre, selon la lumière, la saison, ou la météo, des tableaux différents. Parfois, un simple bruissement d’ailes ou la silhouette d’un héron au crépuscule suffisent à raconter mille histoires de patience et d’équilibre entre l’homme et sa terre.
Pour qui habite ici ou simplement de passage, les zones humides de Saint-Barthélemy sont l’invitation discrète à ouvrir l’œil, à ralentir. Alors, la prochaine balade sera-t-elle sur la passerelle du Rohu, sur la trace d’une loutre ou pour scruter la première linaigrette en fleur ?